Chapitre 4 : Puerto Varas, Ensanada et Cochamo

 

De Puerto Varas à Cochamo : petit aperçu du Nord de la Patagonie

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Puerto Varas, son église et le Volcan Osorno

Nous prenons le bus depuis Pùcon, direction Puerto Varas avec les bus JAC. Environ 3h plus tard, nous voici arrivés à Puerto Varas. Nous n’avions rien réservé car les logements sur booking étaient vraiment très chers. Le temps n’est pas terrible, le ciel est un peu bouché, nous distinguons à peine le fameux volcan Osorno situé de l’autre côté du lac.

Nous trouvons une petite auberge sympa (nous avons été envoyés là-bas par un autre hostel qui était complet). Le style est typique avec des poutres en bois, une grande cuisine et un sapin de Noël qui nous rappelle que dans quelques jours nous ne fêterons pas cette fête avec notre famille. Nous sommes seuls dans notre dortoir de 6 et il n’y a pas l’air d’avoir grand monde ici. Tant mieux on sera plus tranquille (tellement sociable ^^).

Nous passons toute l’après-midi à établir notre trajet pour les prochains jours au Chili car c’est assez compliqué. Pour faire simple, il y a deux problèmes : le prix et les disponibilités des logements et bus.
Côté « Money », nous ne nous attendions absolument pas à des tarifs aussi élevés et la moindre activité est payante. Le Chili n’est pas le gros coup de coeur (à ce moment là) d’autant plus que l’accueil chilien n’est pas très convivial et l’échange tourne parfois au dialogue de sourds tant ils parlent vite (n’oublions pas qu’Emmanuelle n’a jamais parlé espagnol et Jérémie est un peu rouillé).

Bref, nous sommes samedi soir et vers 20h, toute une équipe de jeunes remplissent l’auberge (notre dortoir compris). Zut, nous qui pensions être tranquille ! Nous sommes invités à sortir avec eux dans un bar, mais nous préférons faire nos anciens ce soir ^^.

Que faire à Puerto Varas ?

Puerto Varas, est une petite ville située sur les bords du lac Llanquihué, dans la région des lacs. La ville est née de la colonisation allemande entre les années 1852 et 1853. L’architecture est donc bien caractéristique de cette période de l’histoire.

Après une bonne nuit de sommeil (les autres étant rentrés seulement à 6h du matin), nous prenons un bon petit déjeuner, compris dans le prix de la chambre. Repos et appels téléphoniques ce matin (famille et amis) puis, le moral revenant, le soleil pointe le bout de son nez. Go Go !!

Direction les centres d’intérêts de Puerto Varas :

Le cerro calvario : à environ un kilomètre du centre, nous arrivons à un petit parc ombragé. Il suffit de monter quelques minutes pour atteindre le sommet de la petite colline, qui nous offre une magnifique vue sur le volcan Osorno. Une belle montagne triangulaire au sommet enneigé qui observe du haut de ses 2652 mètres la régate qui se déroule sur le lac Llanquihue. Nous en profitons pour manger nos empanadas (classique chilien).

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Pause détente à Puerto Varas

– Aller sur un point de vue de la ville, pour observer une ancienne église typique allemande au pied du volcan Osorno.

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Autre point de vue – Puerto Varas

– Passer devant d’anciennes maisons germaniques.

– Se promener le long du lac Llanquihue : sur une des grandes places, un chilien joue de la flûte de pan.

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Live Flute de Pan : place centrale Puerto Varas

Des petits sapins décorés tapissent le par terre de cette place et il y a même un marché de Noël organisé au sein du casino de la ville. Il n’a rien à voir avec les marchés de Noël français. C’est une pièce avec des artisans qui vendent un peu tout mais pas vraiment authentique. On a vite fait le tour.

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Centre-ville de Puerto Varas

Ensanada

Nous restons 2 jours à Puerto Varas, puis nous nous dirigeons vers Ensanada. Après avoir passé la petite ville de Tepu (charmant, non?), nous voici arrivés dans la palpitante ville d’Ensanada ! Pas un chat sur la route, le temps n’est toujours pas au top et des nuages gris nous menacent. Ce n’est pas réellement un village mais plutôt un regroupement de maisons, une station-service et quelques « restos » qui bordent la route principale, tout au long du lac Llanquihue. On négocie une chambre double avec salle de bain privée (grand luxe) dans un camping. Ce n’est pas le grand confort mais ça suffit largement.

Pourquoi venir à Ensanada s’il n’y a rien à faire ? Osorno, pardi !!!

Ensanda est le village la plus proche du volcan Osorno et la porte d’entrée du parc national Vincente Perez Rosales. Lorsque les nuages disparaissent, on peut alors admirer ce majestueux volcan au sommet enneigé vraiment très proche. Nous ne nous attendions pas à pouvoir l’observer d’aussi près, ce qui nous a stupéfait ! Il est immense ! Ce volcan n’a pas été en activité depuis plusieurs années (1869) bien que ce soit l’un des plus actifs des Andes, contrairement à son copain le Calbuco au toit irrégulier qui a craché ses entrailles dernièrement (30 avril 2015).

La moindre petite éclaircie nous emmène sur les routes direction le volcan. Il est 16h et aucun bus ne parcourt les 16kms qui nous sépare de lui. Seule solution : location de voiture ou le stop. Nous partons à pied, bien motivés à trouver une gentille voiture qui veuille bien s’arrêter.

Après 2 km d’échec, nous empruntons enfin l’unique route qui mène au volcan. Le premier pouce levé est le bon ! Easy ! On monte avec une famille Argentine. Nous sommes serrés comme des sardines à l’arrière avec les enfants. Cette famille est adorable et nous donne des conseils pour notre prochain voyage en Argentine. Heureusement que l’on n’a pas fait les 14kms de montée à pied !
Les paysages de là-haut sont juste incroyables !!

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Incroyable vue depuis le Volcan Osorno

Nous avons une vue de folie sur tout le lac Llhanquihué et toutes les cimes des montagnes qui gardent solennellement cette étendue d’eau comme une forteresse. Nous empruntons le chemin volcanique pour atteindre le cratère Rouge (Crater Rojo).

Chile, Volcan osorno 2
Crater Roja du Volcan Osorno

Une multitude de couleurs s’offre à nous : le rouge et le noir de la lave séchée, le bleu du lac, le blanc des nuages, le vert des montagnes, et en contre-bas, dans la vallée, l’empreinte pourpre d’anciennes rivières, tout cela éclairé par le jaune-orange du soleil dont l’intensité lumineuse diminue. On le tient notre premier coup de coeur chilien… 

Nous commençons la descente à la recherche d’une voiture et hop, le 3ème pouce levé est le bon, un pick-up blanc s’arrête. Il n’a pas assez de place pour nous sur les sièges arrière, le trajet se fera donc dans le pick-up ! Le mec s’enflamme et fait crisser les pneus à chaque virage, freinant au dernier moment. Emmanuelle s’accroche comme elle peut, ballotée de droite à gauche au moindre virage. Ils conduisent vraiment comme des grands malades ici. La vitesse est ce qu’ils doivent apprécier le plus. En moins de 15 minutes on était de retour au camping, totalement décoiffés !!

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Coucher de Soleil depuis Ensenada

Autres choses à faire sur Ensanada

– Se balader durant une petite heure autour de la Laguna verde

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Laguna Verde Ensenada

– Aller vers Pétrohué : le seul intérêt est de trouver une petite barque de pêcheur pas trop cher pour qu’il vous emmène faire un tour sur le lac Todos Los Santos pour y admirer le volcan Osorno et les autres montagnes de la pré-cordillère depuis le lac. Le spectacle est à priori vraiment sympa mais comme Osorno était caché par les nuages lors de notre arrivée, nous avons rebroussé chemin.

Rando au pied du volcan : nous n’étions quand même pas venus à Petrohué pour rien ! Nous avons longé une partie du lac puis entrepris une traversée désertique au pied du volcan. Entre sable noir, roche volcanique, traversée d’anciennes rivières et de forêts, totalement seuls au monde, tout avait l’air d’un décor de film où nous étions les seuls rescapés de la fin du monde ! Assez étrange mais tellement indescriptible.

Les cascades de Los Saltos : encore une entrée payante. Par temps totalement dégagé et sans avoir fait des kilomètres de marche, nous y serions sans doute allés. L’eau de la rivière est vraiment d’un bleu pur et très clair. On imagine volontiers que ces cascades doivent être plutôt jolies tout de même.

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Direction Cochàmo

Après une heure et demie de bus, nous voici à Cochàmo. Le nom nous fait rire, mais il n’y aura que le nom^^. Le mauvais temps nous poursuit et ils annoncent même de la pluie pour la fin de journée et le lendemain.

Super, nous sommes venus pour faire une randonnée de 6-7h… Après avoir déposé nos bagages dans une petite maison verte (la moins chère de tout le patelin), nous partageons un taxi avec un barcelonais rencontré dans le centre d’infos touristiques. Les taxis se gavent à mort pour faire 13 kms (presque 20euros) !! On apprendra plus tard qu’en fait ce taxi n’étais pas réellement un taxi mais un ami de passage de la dame qui tient l’hostel dans lequel nous avons dormi.

Nous achetons rapidement un tacos puis direction la Junta. Le ciel n’est toujours pas avec nous mais nous y allons quand même.

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La twin-banana : improbable !

Nous trekerons durant 3h à travers une forêt luxuriante, sur des petits chemins boueux et parsemés d’embûches, avec en toile de fond des montagnes de granit. Ca monte, ça descend mais ce n’est pas très compliqué. Nous avons fait cette balade car Sophie et Pierre (des cuisiniers hors-paires rencontrés à Pucon) nous en avaient vanté les mérites. Au bout de cette balade : de magnifiques toboggans naturels nous avaient-ils dit sans nous montrer les photos !

Mais pour arriver à cela, il faut le mériter ! A 400 mètres de l’arrivée aux toboggans : une rivière ! Bon, ils nous avaient prévenu qu’elle était glaciale. Franchement on pensait qu’ils exagéraient ! On ne pouvait pas imaginer un froid comme celui-ci. C’était comme si des milliers de petites aiguilles s’enfonçaient dans notre peau. Peut-on perdre l’usage de nos pieds avec une eau si froide (chochotte!) ? C’était quelque peu glacé d’autant que le courant renforçait ce froid. Jérémie y est allé le premier en éclaireur pour constater si ces toboggans valaient vraiment la peine avant qu’Emmanuelle passe la rivière.

 

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Traversée de rivière – La Junta

Il revient triomphant le pouce en l’air. Bon allé, on a qu’une vie ! Emmanuelle enfile ses chaussures (psychologiquement l’eau était moins froide avec) et entame la traversée.

Chile, Cochamo, traversée de la rivière la Junta

Mais quelle surprise en voyant la beauté cachée de la nature !! Pour couronner le tout, nous étions seuls et malgré le froid qui commençait à s’installer la récompense était parfaite.

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Toboggans naturels – La Junta

Le retour était bien plus compliqué : après 2kms, Emmanuelle s’est rendu compte qu’elle avait oublié ses semelles orthopédiques (soigneusement enlevées avant d’aller dans l’eau) qui étaient en fait dans les baskets de Jérémie (normal). Elle a du faire un jogging de 3kms intenses, se retrouvant face à face avec un loup !! Bon c’était pas un loup mais un gros chien qui lui barrait le passage. La peur de sa vie.

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Le loup de la Junta

Le retour se fit sous la pluie… et était très long. A la fin du chemin, nous avons attendu presqu’une heure pour trouver une voiture qui pourrait nous ramener.

Nous n’attendions qu’une seule chose : la douche chaude et une bonne raclette avec du vin chaud ! Raté ! En arrivant, nos lits n’étaient même pas faits, pas de casseroles dans la cuisine pour se faire à manger, une énorme limace sur le rideau de douche moisi… bref le confort recherché après 30 kms de marche dont la moitié sous la pluie n’était pas au rendez-vous.
Clairement, nous ne nous cachons pas, nous sommes partis sans payer le matin très tôt car personne ne nous a rien demandé non plus. Cela nous aura fait économier presque 30 euros !! Bouh, vilains français.

Bref, cette escapade à Cochàmo n’était pas au top du top mais le bouquet final de la Junta avec ses toboggans naturels étaient à la hauteur.

Nous retournons vers Puerto Varas pour récupérer un sac laissé au Pistacho hôtel et décidons d’y rester une nuit car on s’y sent bien.

Où dormir ?

Puerto Varas : casa pistacho backpacker. 10 000 peso/pers (13,2 euros) avec petit déj vraiment bien et complet. Sans doute un des moins chers de la ville, lits confortables et personnel très sympa. Ambiance chaleureuse

Ensanada : Montana 2. Normalement 20 000 pesos (19,7 euros) la chambre double avec salle de bain privée (il nous a fait 30 000 pesos pour 2 nuits). Cuisine très minimaliste. Dommage que ce ne soit pas très bien entretenu. On peut y camper en tente.

Cochàmo : La Ollita hostel. On vous déconseille totalement. La pire de ce que l’on a fait au Chili. Pas de draps sur les lits, cuisine sans possibilité de cuisiner… normalement 20 000 pesos ou 24 000 pesos avec petit déj. Un bon plan quand vous ne payez pas sinon fuyez !!!

Où manger ?

– Nous avons principalement fait nos courses car ça revient beaucoup moins cher.

Transports

Bus Puerto Varas -> Ensanada : assez régulier (toutes les 35 minutes environ). Prix : 1200 pesos/p (1,6 euros). Durée : 1h30.
Bus Ensanada -> Petrohué : toutes les heures environ. Prix : 800 pesos/p (1,05 euros). Durée : 30 min.
Bus Ensanada -> Cochàmo : départ à 9h-9h30 et 16h30 tous les jours. Prix : 1500 pesos/p (2 euros). Durée : 1h environ.
Bus Cochàmo -> Puerto Varas : celui qui va direction Puerto Montt. Départ tous les jours à 6h15, 7h puis 16h30. Prix : 3000 pesos/pers (3,9 euros). Durée : 1h30-2h.

Activités

Montée du volcan Osorno : entrée gratuite. Une fois arrivés au téléférique (en voiture c’est mieux), la montée vers le cratère rouge dure environ 1h en mode tranquille. Difficulté : facile .

Rando sans nom au pied du volcan au départ de Pétrohué à travers la lave séchée du volcan, puis le long du Rio Pétrohué. Difficulté : facile. Durée : 1 à 2h environ.

Rando la Junta : entrée gratuite. Durée : 6-7h aller-retour sur un bon rythme. Difficulté : facile à moyenne. Obligation d’avoir une voiture de loc, de prendre un taxi ou faire du stop pour aller jusqu’à l’entrée du site et revenir. Super récompense à la fin et tout du long avec des paysages passant de la forêt luxuriante à des montagnes de granit, de magnifiques couleurs d’eau de la rivière et les magnifiques toboggans naturels.

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