Chapitre 2 : Bornéo

Immersion totale dans la jungle de Bornéo à la rencontre des Orang-outans

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Bornéo ? mais ça ne fait ne pas partie de la Malaisie ? Si et aussi du Brunei. C’est en fait la 4ème île la plus grande au monde ! Tellement grande que 3 pays se la partagent. La plus grande partie (73%) est détenue par l’Indonésie et se prénomme Kalimantan. C’est sur cette partie que nous avons décidé d’un commun accord (rappelons que nous sommes quand même 6 !), de passer 3 jours sur une péniche afin d’observer les derniers Orang-outans de la planète dans leur habitat naturel.


Quelques informations sur les Orang-Outans

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Orang-outan signifie littéralement « Homme de la forêt » en malais. Des études scientifiques ont même démontré que les orang-outans partagent 97% de gènes avec l’espèce humaine. Son nom lui correspond donc bien. C’est moins que ce que nous partageons avec les chimpanzés ou les bonobos. Toutefois, l’ADN des orangs-outans est beaucoup plus diversifié que celui de l’espèce humaine et est également beaucoup plus stable dans le temps. Mais ceux-ci sont extrêmement menacés.

En effet, ils sont actuellement en danger d’extinction ! La faute à qui ? Nutella !! Mais pas que, c’est surtout en grande partie dû à la société de consommation et aux dérives des grandes entreprises pour avoir des produits moins chers. Comment font-ils ? Ils utilisent l’huile de palme qui est très bon marché. Conséquence : ils ont rien trouvé de plus intelligent que la destruction massive des forêts tropicales (habitat naturel de nombreuses espèces) au profit de ces plantations agricoles.
Notez qu’en plus de cela, ces animaux sont victimes de braconnage, vendus comme animal de compagnie ou même comme objet de prostitution (impossible à comprendre). La connerie humaine dans toute sa splendeur !!!

La reproduction des orang-outans étant longue (compter une gestation de 9 mois. Oui, comme celle de l’être humain), chaque femelle donne naissance à un seul bébé tous les 6 à 8 ans, ce qui rend la repopulation très lente. Il y a deux espèces : une vivant à Bornéo et l’autre sur l’île de Sumatra. La population actuelle d’orang-outan dans le parc de Tanjung Puting de Bornéo est de 6000 singes, constituant la plus grande population du monde, juste avant Sumatra. D’après nos échanges avec notre guide, il semblerait que la population recommence à croître depuis un ou deux ans.

Deux centres permettent la réhabilitation de ces grands singes et leur réadaptation à la vie sauvage dans leur habitat naturel.


Direction Bornéo

Nous partons très tôt de Semarang afin de prendre notre vol direction Pangkalan Bun, sur l’ile de Bornéo.

Il pleut mais nous avons le droit à un parapluie par couple. L’avion est un petit charter qui nous fait bien rire mais qui n’est pas très rassurant, il faut l’avouer. Nous attachons bien nos ceintures et l’avion décolle. On a cette impression étrange d’être totalement collés au siège et d’être secoués au décollage. Cela change de l’immense Boeing 777 De Fly Emirates (hein papas mamans ??).

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1h30 après, nous atterrissons dans le tout petit aéroport de Bornéo, où Wati (la jeune fille de l’agence avec laquelle nous avons réservé) nous accueille avec un grand sourire. On récupère nos sacs et donne une liasse de billets à Wati pour payer. Scène digne de films sur la Mafia, il manquait juste la petite mallette de cuir noir. C’est parti pour la croisière avec notre super équipage.

3 « belles voitures » nous attendent pour notre transfert vers le bateau sur lequel nous passerons les trois prochains jours.
Après avoir joués aux équilibristes en passant sur des planches de bois puis traversés trois autres bateaux, nous arrivons enfin chez nous.

C’est juste super. Sur le grand pont, un immense lit avec pleins d’oreillers, une table avec du café, du thé et des petits gâteaux, des transats à l’avant… on a même une petite salle de bain avec eau chaude s’il vous plait.
Le guide nous explique que le soir, la table pour manger passera sur le pont arrière et ils nous installeront 3 matelas les uns à côté des autres sur le pont principal : le dortoir familial.

Nous naviguons sur la grande rivière Kumaï où nous découvrons des habitats pour les hirondelles. La raison ? Les asiatiques raffolent de la bave de ces oiseaux qu’ils achètent aux malaisiens, ils l’utilisent dans les cosmétiques et vendent cela à prix d’or. Dingue!

Nous arrivons dans le parc Tanjung Puting, où une statue d’orang-outan nous accueille.

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Nous y sommes la forêt aux nuances de vert borde la rivière Sekonyer. On n’a pas franchement envie de s’y baigner. L’eau n’est pas du tout claire, voire noire à certains endroits. Notre guide nous explique qu’elle est bondée de crocodiles. Dommage on n’en verra pas.

Nous sommes aux aguets du moindre mouvement des feuilles, au cas où on pourrait voir un singe.

Notre premier arrêt nous mène à un petit centre d’informations donnant des explications sur la vie d’un orang-outan (gestation, évolution, nourriture…) mais aussi sur les habitants « humains » de la forêt qui ont dû partir car ce parc est maintenant protégé et réservé à l’habitat animal.

 


Fiche d’identité de l’orang-outan

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Classe : mammifère, famille des hominidés
Nombre d’espèces : Les orang outans de Bornéo (Pongo pygmaeus) et les orangs outans de Sumatra (Pongo abelli) . Une 3ème espèce vient d’être découverte (Novembre 2017) : les orang-outans Tapanuli, présents dans le nord de l’ile de Sumatra (lire l’article).
Durée de vie : 30-40 ans
Taille : 1m10 à 1m40
Poids : 40-80 kg
Durée de gestation d’une femelle : 9 mois
Nourriture : omnivore à dominante végétarienne, se nourrit de feuilles et de fruits
Habitat : vit dans la forêt dense et humide, il construit chaque nuit son nid avec des branches et des feuilles, qui ne sert généralement qu’une seule fois


Un petit chemin mène vers la forêt et nous avons un peu de temps devant nous. Et là, d’un coup, nous tombons nez à nez avec une armée de moustiques enragés. Malgré notre volonté de gagner, nous nous replions, rebroussant chemin vers le bateau. Mais nous n’avons pas dit notre dernier mot, nous n’abdiquerons pas !! Aspergés et armés de nos bombes anti-moustiques, nous étions prêts pour un second round ! Victoire.

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Un bruit étrange nous arrête. Jérémie va voir doucement et nous dit que ça doit être des phacochères ! Tu es sur ?? Dingue, on n’en n’a jamais vraiment vus (à part au Zoo de Singapore). En s’enfonçant un peu plus dans la forêt, une famille parlait tout doucement et avaient les yeux braqués sur la cime des arbres. Oh stupéfaction !! Une maman et son petit orang-outan étaient là, à manger les feuilles des arbres. Le bruit entendu n’était pas celui du phacochère mais bel et bien de l’orang-outan ! Le spectacle est simplement magique, car nous ne nous attendions pas à en voir tout de suite.

Nous retournons sur le bateau où un énorme repas nous attend et en plus c’est un régal. Durant tout le séjour nous avons vraiment mangé comme des rois : produits frais et cuisinés directement par la cuisinière du bateau, bananes fris et coulis de chocolat à quatre heure, des fruits frais le matin et pancakes… bref tout est fait pour que l’on ne manque de rien. Il ne faudrait surtout pas rester trop longtemps ici car nous aurions vraiment pris du poids sinon.

Durant les 3 jours d’excursion, nous nous sommes arrêtés 3 fois dans 3 endroits spécifiques pour admirer les orang-outans. Certains diront que c’est un peu le zoo, mais les animaux restent en totale liberté. Ce sont trois lieux, avec des estrades. Tous les jours, à la même heure, les soigneurs déposent des kilos et des kilos de bananes, afin que les orang-outans viennent se nourrir. Cependant, aucune certitude qu’ils viennent !

Le premier arrêt (Tanjung Harapan), était assez particulier. Nous devons marcher 10-15 minutes avant d’arriver au bon endroit. Une barrière située à 10 mètres séparent les touristes de l’estrade. Nous attendions que les singes apparaissent. 10 min, 15 min, 30 min, 45 minutes… certains même abandonnent et partent. 1h… 1h10 ! Et au grand soulagement des touristes, les feuilles des arbres commencent à bouger au fond et les arbres se balancent un peu trop rapidement pour que ce ne soit que le vent. Puis, le premier grand singe apparait devant nos yeux. Il nous regarde à peine et saute sur les bananes. C’est tellement impressionnant de voir ces animaux d’aussi près. En tout cas, nous avons dû attendre pas mal de temps mais le jeu en valait la chandelle, d’autant plus qu’il y avait un peu moins de monde.

Au 2ème spot (Pondok Tangguy), nous sommes beaucoup plus proche des singes qui mettent beaucoup moins de temps à venir que la veille. Ils sont des dizaines, mais chacun a sa place. Les mamans sont avec leur bébé, les ados viennent manger généralement ensemble, mais lorsque le mâle dominant est sur l’estrade… c’est une autre paire de manche. Chacun attend que le mâle termine de manger, le regardant, perchés sur les arbres. Seuls la femelle et le bébé peuvent partager l’estrade avec lui. C’est dingue le nombre de bananes qu’ils peuvent s’enfiler !!

Au 3ème et dernier endroit (Camp Leakey), c’est THE place to be (l’endroit où il faut être) pour être sûr d’en voir. La majorité des touristes viennent ici pour les tours d’une seule journée. C’est un peu le Disney Land du singe, mais c’est toujours sympa de les voir, surtout quand les touristes sont respectueux.

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L’envers du décor !!

C’est en effet la première plate forme à avoir été construite. Les singes savent donc exactement quand les soigneurs arrivent et il y a toujours un Gibbon qui se dépêche de voler les bananes aux orang outans dès qu’ils ont le dos tourné.

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Nous avons eu un peu peur car un gros mâle est arrivé par derrière la foule, montant sur les bancs où étaient installés des gens. Il a fallu se pousser rapidement, d’autant plus qu’il poussait des cris de guerrier afin que les autres singes sur la plate forme déguerpissent et lui laissent la place pour récupérer des bananes. Attention, car les singes n’aiment pas les phacochères, surtout les mères avec leurs bébés. Car oui, nous avons tout de même vu des phacochères qui se baladaient devant l’estrade pour ramasser ce qui pouvait tomber.

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Nous aurions pu passer des heures à contempler ces mammifères qui nous ressemblent tellement dans leurs mimiques, dans leurs gestes, la protection des mamans avec leurs petits… Certains nous ont bien fait rire à s’empiffrer de bananes ou partir la bouche pleine, avec un autre régine dans une main. D’autres petits apprennent à monter aux arbres et sont encore un peu maladroits, manquant parfois de tomber.

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De retour au bateau, nous pouvons aussi apercevoir d’autres espèces (8 au total vivent dans le parc) de singes dont les macaques, les gibbons et … les nasiques (probiscis) : notre coup de coeur pour leurs faciès assez particuliers. Un beau et grand nez ressemblant parfois aux attributs masculins si vous voyez ce qu’on veut dire. Seuls les mâles ont le nez aussi long. Il faut savoir que plus le nez est long, plus le mâle devient dominant car c’est signe de virilité et de fertilité.

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Pour résumer, cette expérience familiale en pleine jungle de Bornéo était fantastique. Nous ne regrettons absolument pas de l’avoir fait.


Nous avons aimé :

– Se retrouver en famille sur une péniche en plein cœur de la forêt. Cela resserre les liens, c’est un grand moment de partage (aussi avec nos guides qui nous expliquent l’histoire de leur région et des tribus qui y vivaient).
– Se réveiller le matin au son des clapotis de l’eau et des cris des singes.
– Voir le coucher de soleil sur le pont du bateau en refaisant la journée avec des bananes fris.
– La nourriture sur le bateau : on ne manquait vraiment de rien, et c’était très bon.
– Se balader dans la jungle.
– Admirer de nombreux singes se balançant d’arbres en arbres et des familles entières se reposer à la cime des arbres.
– Evidemment, voir de très près les derniers orang-outans de la planète et réaliser la chance que l’on a d’être ici et de pouvoir le partager avec nos parents. Car oui, c’est toujours mieux de partager ces moments incroyables avec ceux que l’on aime.


On a moins aimé :

– A notre goût, sans doute un peu trop de monde lors des heures de visites des singes, surtout sur le dernier spot. Il faudrait mieux réguler le nombre de touristes, même si c’est déjà un peu le cas. Un peu de silence et respect serait aussi appréciable parfois !
– Rien d’autre. Tout était parfait


Info : scandales sur l’huile de palme

Depuis 40 ans, la consommation mondiale d’huile de palme double tous les 10 ans. Chaque semaine, pour satisfaire l’industrie mondiale assoiffée d’huile de palme, 250 000 hectares de forêts disparaissent. Malgré sa mauvaise réputation et bien qu’elle ne représente que 26 % des huiles végétales, l’huile de palme se retrouve partout.
Aujourd’hui, environ 85 % de la production mondiale d’huile de palme provient des plantations indonésiennes et malaisiennes. En 2012, ces deux pays produisaient 48 millions de tonnes de cette huile, sur les 55 millions de tonnes mondiales, contre 5 millions en 1976.

Bornéo : la forêt qui couvrait complètement l’île en 1950 est sur le point de disparaître si le rythme de déforestation de la forêt primaire ne ralentit pas.
L’huile de palme est tirée de la pulpe du fruit du palmier à huile. Les palmiers sont des plantes et non pas des arbres. Ils capturent 3 fois moins de co2 que les autres arbres des forêts. La déforestation pour l’huile de palme a fait de l’Indonésie l’un des principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre dans le monde.
Première huile végétale sur le plan mondial devant le soja (26 % de la production totale), l’huile de palme connaît un développement impressionnant depuis les années 1980. Après l’Indonésie et la Malaisie, c’est l’Amérique du Sud et l’Afrique qui passe à l’huile de palme, une des cultures les plus rentables.
Cela s’explique du fait que le rendement à l’hectare est supérieur aux autres oléagineux (environ 8 fois supérieur à celui de l’huile de soja) et cette culture a un faible coût de production (20 % de moins que l’huile de soja).

Mais ça sert à quoi au fait l’huile de palme ??

Dans les pays industrialisés, l’huile de palme sert surtout comme matière première pour l’industrie agroalimentaire et, depuis quelques années, pour la production de biocarburant. L’huile de palme représentait en 2008 environ 10 % de la production de biodiesel. Mais l’on trouve aussi l’huile de palme dans les cosmétiques.

On en trouve où ?

Facile à trouver puisqu’elle est quasiment partout. Elle bonde les étals de nos supermarchés : les chips, les soupes lyophilisées, les pâtes à tartiner, les biscuits, le lait pour bébé, les sardines en boîte, la mayonnaise, les céréales, le chocolat, le fromage râpé, les pâtes à tarte, les plats préparés, etc.

Mais c’est bon ou pas pour la santé ?

L’huile de palme contient 4 fois plus de mauvaises graisses que l’huile de colza. Elle contient en effet une forte proportion d’acides gras saturés qui la rend peu recommandée à la consommation
Une consommation riche en acide gras saturés favorise le développement des maladies cardio-vasculaires, une augmentation du taux sanguin de cholestérol, pouvant entrainer certains cancers et du diabète ainsi que toutes les autres maladies chroniques qui sont courantes dans nos pays.

Il est donc préférable, pour la planète, la faune, la flore et pour votre santé, de consommer des acides-gras mono-insaturés que vous trouverez dans les olives et l’huile d’olive, l’avocat, l’huile de colza, les arachides et l’huile d’arachide ainsi que les margarines molles fabriquées à partir de ces huiles.
Alors préparez vos repas. Vous saurez exactement ce que vous utilisez et conscient que ce que vous mangez est bon pour votre santé et celle de la planète !!


Quelle agence choisir ?

Il existe de nombreuses agences, la nôtre nous avait été conseillée par des voyageurs (Merci Gaëlle et Vivien). C’est la moins chère de toutes. Vous pouvez quasi doubler les prix avec d’autres agences pour le même service. Pour les contacter :

2 bateaux : un de 4 personnes + l’équipage, puis celui de 6 personnes + l’équipage (guide, capitaine, cuisinière et assistant).

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  • Tarif : 3j/2n en bateau privé 4-6 pers: 4 500 000 roupies Indonésiennes/ pers (250-280€ selon le taux de change) pour le big boat / 3 000 000 RP/pers pour le standar boat (170-190 € selon le taux de change) tout inclus. Mais rajouter le prix de l’avion A/R depuis Java. Un must à faire !!! Un régal pour les yeux et les papilles…

Transports

  • Bus Jombor (Yogiakarta) – Semarang : 45000 Rp soit 2,80€/pers
  • Avion Semarang – Bornéo : 49€/pers
  • Avion Bornéo – Surabaya : 64,5€/pers

1 réflexion sur « Chapitre 2 : Bornéo »

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